Offre de thèse: les trajectoires des zones humides face aux changements globaux

Titre de la thèse : Les trajectoires des zones humides face aux changements globaux : analyseéconomique de l’identité patrimoniale des marais salés littoraux de Charente-Maritime


Financement : ANR PAMPAS
Encadrement : Direction, Clarisse Cazals ETBX, Irstea Bordeaux, co-encadrement Audrey Rivaud (Université Montpellier 3, UMR ART-Dev), Nathalie Long, CNRS, UMR LIENSs)

Contexte de la recherche doctorale

Les zones humides sont des espaces fortement attractifs. Elles concentrent 10% de la population mondiale alors qu’elles ne couvrent que 2% de l’espace terrestre. Elles représentent également une réserve de biodiversité source de nombreux enjeux de préservation et remplissent diverses fonctions écologiques (e.g. régulation du cycle de l’eau, adaptation à l’élévation du niveau de la mer par sédimentation, filtration de l’eau, recyclage de nutriments, séquestration du carbone, etc.). Entre attraction et préservation, les tensions sont nombreuses et diverses selon les territoires.

Le projet ANR PAMPAS (Evolution de l’identité patrimoniale des marais des Pertuis Charentais en réponse à l’aléa de submersion marine), dans lequel s’inscrit la thèse, fait le choix d’étudier, par une approche interdisciplinaire, l’évolution des marais face à l’aléa de submersion marine au prisme del’identité patrimoniale. Le patrimoine, définit comme un vecteur d’identité(s) dans le temps et dans l’espace, résultat d’une appropriation collective construite, sous tension entre usage et conservation,entre individu et collectif (Rivaud et Cazals 2012), recouvre un ensemble d’objets variés et variables(Barrère et al. 2005, Landel et Sénil 2009, Réquier-Desjardin 2009). Dans une acception relativement large, les territoires littoraux se caractérisent par une diversité de patrimoines suscitant un intérêt grandissant de la part des acteurs privés et publics. Sont associés à ces territoires, des objets patrimoniaux naturels (écosystèmes remarquables, biodiversité, fonctions écosystémiques), culturels (monuments, architectures, savoir-faire productifs) ou paysagers (sites exceptionnels et ordinaires) mais également divers processus de patrimonialisation du fait de la coexistence des enjeux de protection, de préservation et de développement économique.

Dans le contexte socio-écosystémique de changement global, la compréhension du fonctionnement et du devenir des zones humides côtières face aux aléas de submersion représente un enjeu mondial majeur pour la gestion des patrimoines littoraux. En zone tempérée, les marais salés littoraux de Charente-Maritime constituent une zone d’étude unique en raison de: (1) leur forte identité patrimoniale (haut lieu de tourisme, de biodiversité et site conchylicole (Rivaud et Cazals 2012)) ; (2) leur forte exposition aux submersions, ce qui a récemment conduit à la mise en place deprogrammes d’action et de prévention des inondations (PAPI) ; (3) leurs modes de gestion contrastés et innovants (renforcement des protections, réaménagement, dépoldérisation, « laisser-faire») ; et (4) des nombreuses activités économiques (agriculture, conchyliculture, élevage, urbanisation…) qui s’ydéveloppent et dont la durabilité peut être questionnée. Du fait de l’augmentation des populations et des activités sur les zones littorales, la préservation et la restauration de ces socio-écosystèmes (SE) sont donc essentielles pour assurer leur bon fonctionnement et l’ensemble des fonctions écologiques et des services rendus à la société. Le choix entre différentes politiques de gestion du littoral et des zones humides est donc important et stratégique pour la durabilité de ces espaces à forts enjeux.

Considérant l’existence de tensions entre attractivité et protection des zones humides côtières, laproblématique de la thèse porte l’évolution et le devenir des marais des Pertuis charentais face à l’aléa de submersion à travers la notion d’identité patrimoniale. L’hypothèse centrale consiste à interroger lerenouvellement de la dynamique de ces tensions fondatrices de l’identité patrimoniale et des compromis de gestion existants : i) d’un coté, l’aléa de submersion rend vulnérable les certainesressources naturelles, culturelles et paysagères ainsi que l’usage anthropique de ces ressources (àfinalité productive ou récréative) ; ii) d’un autre côté, en incluant dans le concept d’identitépatrimoniale les fonctions écologiques de ces SE, telles que l’adaptation des zones humides côtières à l’élévation globale du niveau de la mer ou encore leur rôle de zones tampon face aux risques desubmersion marines limitant l’élévation du niveau marin dans les zones adjacentes, les processus dejustification des logiques d’usage et de préservation des marais peuvent évoluer.

Objectifs de la thèse :

1)  Proposer une grille d’analyse d’évolution des marais au prisme de l’identité patrimoniale en deux étapes :

    • –  Identifier les dimensions patrimoniales pertinentes (fonctions, objets, etc.) et leurs évolutionsdans le temps et dans l’espace en portant une attention particulière aux conflits et controverses comme vecteurs de changements.
    • –  Identifier les ressources (techniques, politiques, économiques, etc.) mobilisées par les acteurs pour faire émerger les compromis de gestion sur lesquels repose toute identité patrimoniale.

2)  Etudier la diversité des trajectoires possibles compatibles avec une transition écologique dans le contexte de changement climatique où le risque de submersion est un levier de changements de pratiques important pour les territoires littoraux.

Les terrains d’étude :

Le marais du Fier d’Ars à l’Ile-de-Ré, haut lieu touristique aux attraits paysager et faunistique, oùs’exercent des activités traditionnelles restaurées de conchyliculture et de saliculture (Sauzeau et al.2009), est protégé par un endiguement fort ; le marais urbain de Tasdon, protégé sur l’arrière-côte, esten cours de mutation avec un projet majeur de reconnexion à la mer (fin 2018) et de valorisation d’une« nature en ville ». Enfin, les marais de Brouage sont des sites à forte valeur patrimoniale (naturelle,paysagère et culturelle) pour lesquels les gestionnaires débattent vivement à l’heure actuelle du choix àfaire entre une stratégie de défense (y compris au sein de la réserve naturelle) ou de laisser-faire (Przyluski et Hallegatte 2013).

Compétences requises :

Le/la candidat.e doit être titulaire d’un master ou diplôme équivalent en Economie, ou dans un domaine proche et ouvert à l’analyse des enjeux environnementaux dans les territoires littoraux. Des compétences solides pour développer un travail de terrain croisant l’analyse de données qualitatives etquantitatives sont attendues. Des connaissances dans le domaine des SIG sont bienvenues. Le/la candidat.e devra également présenter de bonnes aptitudes rédactionnelles en français et en anglais (publications scientifiques dans des revues internationales dans le champs de l’ecological economics).Nous recherchons une personne avec un intérêt pour les recherches appliquées et autonome pours’investir auprès des acteurs des terrains du projet PAMPAS.

Calendrier : Février 2019 : ouverture des candidatures; Mai 2019 : fin du dépôt des candidatures; Juin/ Juillet 2019 : sélection des candidatures par un comité ad hoc

Contacts: Clarisse Cazals : clarisse.cazals@irstea.fr; Audrey Rivaud : audrey.rivaud@univ-montp3.fr ; Nathalie Long : nathalie.long@univ-lr.fr

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